05-02-2012
Accueil arrow De quelques bonnes raisons de verser une larme.
.
De quelques bonnes raisons de verser une larme

Image     Image

C'est systématique. Dès que je sors de Suisse. France. Italie. Autriche. Je verse une larme. Chaque fois. Chaque fois que je vois une rivière. Chaque fois que je vois la place laissée aux cours d'eau. Du simple torrent au fleuve. C'est à pleurer. Mes mandats m'ont mené dans plusieurs régions de Suisse. Des sources du Rhône aux montagnes chablaisiennes. Des crêtes jurassiennes aux préalpes fribourgeoises. De la vallée du Rhin saint-galloise en Engadine. C'est indéniable. Nos rivières étouffent. De fait. Il suffit de parler de zone alluviale à l'étranger avec un naturaliste suisse pour que son regard s'éclaire. Imaginez une vallée. Au hasard, similaire au Valais. Mettez-y un fleuve tout aussi similaire au Rhône. Mais donnez-lui un lit cinq fois plus large que celui qu'on lui connaît. Inimaginable. Impossible. Utopie. Et pourtant. J'en ai longé quelques-uns de ces fleuves. En Italie. L'Adige. Le Piave. Le Tagliamento. Tous fleuves. Et tous libres. A en être déprimé. Tout ce que nous pouvons faire en Suisse est de renaturaliser nos rivières. Redonner de l'espace aux cours d'eau. Les laisser respirer. Comme si la personnalisation allait alléger nos consciences. Allait nous pardonner d'avoir endigué. Forcé. Dirigé. Pompé tous nos cours d'eau. Mais. Et Finges? Et la Sarine? Et le Parc national? Oui. Mais ça ne reste que des embryons. 5-6 kilomètres de divagations avant de remettre le tout entre digues. Remontez jusqu'à Tarvisio depuis Tolmezzo. Longeant le Tagliamento. C'est 50 kilomètres de fleuve libre. Pouvant divaguer proprement. Comme on peut le penser d'un tel fleuve. Dans la même vallée faites-y passer une route nationale, une autoroute et une voie ferrée.

Peut faire mieux la Suisse? Certainement!

Image

Image 


 
© 2012 eRey.ch
Les textes et les images de ce site ne sont pas libres de droit.