09-09-2010
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Afrique de l'Ouest à vélo
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EN ROUTE POUR LE SENEGAL



14.1.2006

La barrière saharienne est passée. Place maintenant aux migrateurs trans-saharien. Nous observons notre première Huppe fasciée et sommes comme fou. Plus loin un arbre remplis de baie fait le bonheur de l'estomac d'une Fauvette orphée. Les insectes volent partout. La nourriture est là en abondance et nous comprenons un peu les raisons d'un tel voyage de nos nicheurs. Je regrette mon macro. Guêpe au corps pourpre, ailes vertes irisées, antenne jaune. Phanéroptère sp. aux élytres d'un vert fin, bordées d'une fine ligne rose travesré dans sa longueur d'une bande médiane jaune et ramifiée de traits blanc sales. De toute beauté.

Sahel donc. Nos migrateurs cotoîent le slocaux. Journée d'observation folle ou nous passons des Huppes aux merles métalliques, des Hirondelles de rivage aux Tourterelles masquées. J'ai noté quelques observations de cette journée:

Pour les migrateurs européens:
Huppe fasciée
Pouillot de Bonelli
Fauvette orphée
Fauvette à tête noire
Hirondelle de rivage
Bergeronnette printanière
Pie-grièche à tête rousse

Et pour l'avifaune africaine:
Etourneau à ventre roux
Tourterelle masquée
Souimanga à longue queue
Autour sombre
Corbeau pie
Cratérope fauve

Que du bonheur.


15.1.2006

Tout voyageur ayant fait le voyage de la Mauritanie vers le Sénégal ou dans l'autre sens le sait. Le poste frontière de Rosso est un cloaque. Concentration incroyable d'arnaqueurs en tout genre et de corruption. Depuis le Maroc nous demandons des infos sur les différentes frontières que nous aurons à traverser. Tous nous disent la même chose à propos de la frontière sénégalais. PAS PAR ROSSO. Nous éviterons donc Rosso en longeant le fleuve Sénégal jusqu'au barrage de Diama. Nous devons tout de même nous arrêter à Rosso pour prendre la piste. Et nous sentons tout le potentiel d'un touriste. Une grappe reste collé à nos vélos, scannant tout ce que nous sortons. Vite vite loin. Des gamins nous courent après pour ramasser des affaires fixées sur nos vélos. D'autres hurlent CADÔÔÔ à s'en éclater les cordes vocales et se dénudent pour traverser le canal les séparant de la piste que nous prenons. Nous faisons quelques kilomètres poursuivis par ce cadôôôô!

La piste longe donc le fleuve Sénégal et traverse le parc national du Diawling mauritanien. Un régal pour l'ornitho que je suis. Le paysage se résume facilement. Des roselières d'un côté, une vaste zone inondable de l'autre. Des nuages d'hirondelles - rustique et de rivage - bruyantes et au vol papillonant. Des lignes de Cormorans - au vol efficace. Tous volent en groupe des dortoirs aux gardes-mangers. Des lagunes traversées de lignes roses foncées. Les Flamants font gueuleton de crevette. Cigogne noire, Héron cendré et pourpré, Aigrette - la Garzette et la Grande - à l'affut au bord des plans d'eau. Des vols de Pélicans - imperturbables - des Vanneaux éperonnés en bord de route - souvent perturbés. Echasses, spatules, dormant ou mangeant. Oedicnème du Sénégal et Crabier partagent le même bout de rive. Bécasseaux variable et stagnatile stressent les vers de vase. Les Alcyons-Pie passent, flèches noire et blanches dans le tableau. Les Guêpiers nain - entre deux chasses - se reposent sur la végétation. Les roselières hurlent de passereaux tout le long de la route. Busards - cendré et Saint-Martin - et Milans noirs inspectent les vasières asséchées à la recherche de rongeurs suicidaires. Et la Phacochères? Les Phacochères traversent la piste. Simplement.

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In prophylaxie we trust
Nous bivouaquons dans ce secteur inondable et humide du Diawling. nous nous faisons dévorer par les moustiques malgrés le produit et nos pantalons. Je me fais piquer à travers le tissus. Le temps de filtrer quelques litres d'eau (j'aimerai bien trouver celui qui a écrit 1L en un quart d'heure sur la notice du filtre..) pour la route du lendemain et nous filons dans nos tentes.


16.1.2006

Fin de piste au barrage de Diama. Sprint au finish avec Andrew que la piste en tôle ondulée doit forcer à abandonner. Douaniers et policiers qui cherchent à nous extorquer quelques sous. Officiellement nous n'avons pas dormis dans le parc national du Diawling et arrivons en droite ligne de Rosso (90 km). Nous ne payons donc pas la taxe de séjour du parc national. Le douanier mauritanien nous demande ensuite 1000 UM pour frais de dossier. De gentils touristes français ont payé sans se poser de question. Le douanier insiste en disant que nos compatriotes (groumpf) ont payé sans rien dire. Les compatriotes ajoutent une couche en ajoutant que 3€ n'est rien du tout (sic!). Nous envoyons nos australiens qui jouent les idiots et récupèrent nos passeports en 15 minutes. Bon pour la frontière mauritanienne. A la frontière sénégalaise - midi pile - le douanier prend nos passeports, remplis consciencieusement son cahier, tamponne nos passeports en nous disant qu'il va faire sa pause de midi jusqu'à 15h et que si nous voulons récupérer nos papiers, nous devons lui donner 5€ chacun. N'ayant pas encore mangé, nous le prenons au mot et revenons à 15h. Il tend les passeports sans rien dire. 25€ lui sont passés sous le nez, et une Aigrette garzette est venue se promener sous mon objectif pendant cette longue pose de midi.

L'Aigrette garzette (cramée ...) se promenant d'un côté à l'autre d'une barque coulée. A droite
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À gauche
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Mais l'important pour cette journée est l'arrivée au Sénégal et à Saint Louis du Sénégal où nous pourrons enfin boire une bière. Après avoir passé deux bonnes heures à trouver un hotel pas trop cher nous nous asseyons à un bar et commandons cett bière dont Andrew  nous parle depuis le Maroc - imagine, after that long day cycling under the sun, after those hundred kilometers, a good big cold beer... Les deux tournées de Gazelle ne font pas long à être descendue.

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19.1.2006

Saint-Louis reste une étape pour nous. Cette ville est trop touristique. Il faut aller à l'extrémité de l'île pour un peu de tranquillité et laisser courir son imagination. La ville a gardé une ambiance toute coloniale. Les bâtiments sont encore debout, et les militaires français prennent le café. Une atmosphère étrange - et toute historique - sort de cette ville. Je me prends à imaginer les rues à l'époque coloniale, les rues grouillant de monde. On nous accoste sans arrêt. Que ce soit pour nous souhaiter la bienvenue ou pour nous proposer la dernière sculpture pas chère. Difficile d'être tranquille. Nous faisons nos achats et nos réparations avant de repartir. Jonas roule vers Dakar, Andrew et Leah vont filer vers le Burkina Faso en prenant leur temps, et Jérôme et moi iront dans le Parc national du Djoudj pour 5 jours avant de partir chacun de notre côté.

Ce soir là nous voyons passer notre première roussette. Sourire béat pour Jérôme comme pour moi.



 
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