30-07-2010
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Notre voyage virtuel
Uniformes turques
Une premiere surprise en arrivant, en Turquie, passant proche d'ecoles. Les gamins et ados sont en uniforme. Tous sans exception. Jupe pour les filles et cravate pour les garcons. En prenant mes informations j'apprends l'une des grandes reformes d'Atatürk. L'ecole pour tous. Obligatoire, sous peine pour les parents de voir arriver la police et de devoir se justifier de ne pas envoyer leurs enfants a l'ecole. L'education est obligatoire pour les ecoles primaires et secondaires. permettant une alphabetisation et l'education de la majorite des enfants du pays. Un gigantesque bond en avant. Ensuite, tout depend de l'excellence de l'eleve ou de la richesse de la famille. La maturitee et l'universite n'est pas du domaine obligatoire et peut couter tres cher dans un pays ou le salaire moyen avoisine les 700 CHFr. De fait, l'anglais est generalement appris par les contacts avec les touristes. Depuis que je roule en Turquie je suis tombe sur des personnes parlant parfaitement anglais ou allemand et aillant appris la langue au college. Mais ils constituent une exception parmis tous les contacts que j'ai pu avoir, naviguant entre quelques mots turcs et anglais. Peu de formation similaire a l'apprentissage et le metier de cuisinier - hors des zones urbaines - s'apprends derriere les fourneaux. Pas de cours. Pas d'ecole professionnelle. Nombreux sont les jeunes adolescents servant leur amis en uniforme scolaire. Les disparites apparaissent de plus en plus clairemement. Richesse vs. pauvrete. Grosse BMW vs. velo rouille de toute part. Cravate vs. pantalon dechire. Cela ne fait que commencer.
 
"Système D" roumain

Système D disais-je?

Le temps que j'ai passé dans le pays me l'a confirmé. A ceux qui me demandaient ce que je pensais de la Roumanie, je réponds que le pays est entre deux frontières. D'un côté, vous avez la Roumanie de l'Europe, bien développée, pays où on trouve tous les derniers gadgets technologiques auxquels on pourrait rêver. Réseau internet sans fil à Tulcea. Billet en feuille de plastique, impossible à déchirer, et j'en passe...

Le système educatif est tout aussi efficace. Ecoles primaires et secondaires suivies soit d'études universitaires, soit d'une école professionnelle, à l'image des bacs techniques français. Les jeunes Roumains sont bien armés pour la vie professionnelle. En tout cas, d'après ce qu'on m'en a présenté.
Las, il faut bien l'avouer, il n'y a pas d'argent, peu de travail et la vie en Roumanie coûte extrêmement cher. De nombreux  Roumains parlent une langue étrangère, et si l'école a déjà donné une bonne connaissance des langues, certains partent à l'étranger pour pratiquer. En d'autres termes, ils partent pour gagner leur vie. Les autres se débrouillent pour s'en sortir. Les métiers effectués sont parfois - souvent - diamétralement opposés au métier appris. A Brasov, j'ai logé dans une famille faisant dans la récupération de métal. Une benne dans la cour, un bout de pancarte annonçant tarifs et horaires, et toute la famille travaille. D'autres vont varier leur activité. J'ai croisé un marin des lignes Grimaldis, en repos chez lui, qui prend des passagers pour relier la grande ville voisine. En dehors des horaires de bus officiels. Un autre profite de la belle saison pour balader les touristes dans le delta du Danube, alors que sa mère a dû partir travailler en Italie. On commence à trouver de petites boutiques exposant pneus de vélo et sacs à dos, des dessous et des piles, tous côte à côte.

 
Les langues en Roumanie

La Roumanie est surprenante à plus d'un titre. Il règne dans ce pays un petit côté "système D" non négligeable. Ce qui me plaît. Mais le plus surprenant dans le pays est la diversité de langues étrangères parlées. Dans la même pension, je parle italien avec ma logeuse, francais avec son mari et ... anglais avec leur fils. J'aurais utilisé 4 langues pour voyager dans le pays. J'ai demandé. Chaque école doit enseigner une langue étrangère. A l'époque communiste russe et français ont primé dans l'enseignement. Certaines personnes de la génération de mes parents ont appris le francais. Mais de longues années sans pratique ne sont pas bon pour la mémoire. Actuellement chaque école choisit la langue qu'elle va enseigner. Principalement de l'anglais, mais on trouve parfois certains établissements continuant à donner des cours de français. Parlant avec des roumains, je ne sais donc jamais quelle langue utiliser. J'essaie donc de dire que ma langue maternelle est le francais, mais que je parle aussi anglais, italien et allemand. On trouve toujours moyen de se faire comprendre. Quitte à mélanger quelques mots de roumain dans nos conversationsWink.

 

 
Questions de classe

Questions posées par la classe de préapp. de Vouvry:

 

1.Avez-vous des choses qui vous ont marqué? Si oui, lesquelles?

Depuis les deux mois que je roule, cela devient difficile de ne faire ressortir qu'une chose. Je dirais surtout la gentillesse de certaines personnes. J'ai pu profiter de lits chauds par moment. A Budapest et dans les Carpates entre autre. Très appréciable sachant que je roule vers le froid. Les paysages aussi. Ceux-ci se diversifient et me semblent devenir plus sauvages que dans nos plaines cultivées.

2.Avez-vous déjà eu de l'hospitalité des gens du pays?

Oui, en Roumanie. On m'avait donné une adresse, j'y suis resté deux nuits. L'accueil est chaleureux et cela ne pose pas de problème de débarquer à l'improviste en soireé.

3.Avez-vous eu des problèmes avec votre vélo?

Mon premier gros problème : ma jante s'est fendue sur 10cm en arrivant dans le Delta du Danube. Mes outils ne me permettent pas de réparer et je dois me faire envoyer une nouvelle jante depuis la Suisse.

4.Combien de kilomètres avez-vous parcourus?

3130.4 kilomètres

5.Est-ce que vos journées sur votre deux roues vous paraissent longues?

L'hiver me les rend plus courtes et plus intenses. Malgré cela j'ai beaucoup pédalé ces derniers jours pour arriver dans le delta du Danube. Une équipe d'ornithologues travaille dans la région et je voulais les voir avant leur retour en Suisse.

6.Dans combien de temps pensez-vous être arrivé en Turquie?

vers Noël

7.Avez-vous déjà eu des problèmes?

Pas de problèmes de santé ou de petits coups de blues. Pas de problèmes de vol de vélo ou de matériel non plus. Jusqu'à maintenant je touche du bois.

8.A quelle heure vous couchez-vous?

Toujours vers 21h30, je temps d'installer ma tente, de préparer mon repas et de noter les événements du jour, même si la nuit arrive vers 18h30.

10.Avez-vous déjà photographié des espèces rares d'animaux?

Des grues cendrées en Hongrie et quelques oiseaux ici dans le delta du Danube. Je profite.

11.Vous êtes-vous déjà servi de votre trousse de soin?

Toujours pas...

12.Que faites-vous quand vous arrêtez de pédaler?

Je me repose, nettoie mon matériel, écris le prochain post sur mes sites et blogs. Je n'ai pas beaucoup de temps pour m'ennuyer.

 

A bientôt

E. Rey

 
... Et education croate

En Croatie, c'est presque comme en Slovénie - issue du système yougoslave. 8 années de primaire, et 4 années de gymnase-cycle. Ce qu'on me nomme sous High school. On trouve ici le même système d'écoles professionnelles pendant 4 ans. Ce que je n'arrivais pas à comprendre était .... quand se faisait la pratique ?

J'ai rencontré un cuisinier. Et lui ai demandé. Lui, il a appris tout seul. De son côté. En prenant les recettes et en cuisinant. Il me disait aimer cuisiner. Et ne rien avoir tiré de l'école. Un "self-made men" en somme. Il a apprécié le mot. Le fait est, ces 4 années de gymnase donnent des bases aux jeunes. Mais toute la pratique se fera ensuite dans les cuisines. Tout l'apprentissage de la cuisine en elle même. Ils apprennent les recettes. Comment préparer les plats. Mais tout le reste, cela vient d'une fois qu'ils auront mis les pieds dans un restaurant. Dans la partie arrière. Celle que les clients ne voient jamais.

Zagreb est très gourmand en cuisinier pendant la belle saison. Tourisme oblige. On demande beaucoup de monde et il n'en sort pas assez des écoles. Mais cela reste une exception. Il y a peu d'argent dans le pays. On fait le travail qu'on peut, plus que le travail qu'on veut.

L'une des responsables de l'auberge ou je réside étant vendeuse de formation, elle a continué ses cours pour être comptable. Elle gère aujourd'hui une auberge. Avec d'autres.

J'ai aussi pu rencontrer des coiffeuses. Dans un timide anglais elles m'ont également explique l'apprentissage de leur métier dans les écoles. L'une d'entre elle, jeune, lavait les cheveux et balayait- le temps que je suis reste pour me faire raccourcir la tignasse. Fraîchement sortie de ses cours.

On m'a dit que tout était possible en Croatie. Même pur les métiers. Pour ce que j'ai pu discuter avec les croates, effectivement. Tout est possible.

E. Rey

 
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