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Depuis Osh je longe la frontière ouzbèque. Les champs de coton ouzbèque plutôt. La verdure est à perte de vue. La plaine fleurit. Au prix de l'eau. Dès que vous sortez des champs, dès que vous montez dans les montagnes la terre est sèche. Jaune. Attaquée par le soleil. Sans pitié. La route d'Osh à Bishkek longe des canalisations. Longe l'eau utilisé pour l'agriculture. Pour le coton. Dans ces régions je passe à côté de panneaux vantant les médailles soviétiques du mérite agricole. Pronant une surexploitation. Les plans quinquennaux ont souvent du être respecté ici. L'eau coule en abondance – a priori – et la terre se prête à être travaillée. Le prix de cette culture se paie plus loin. Bien plus loin. Du côté d'une mer fantôme. La fameuse mer d'Aral. |
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Pas de réponse de Pékin. Rien. Nada. Niente. Niet. |
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Un mois supplémentaire en Iran et si peu à raconter. Et encore. J'aurais passé ces dernières semaines à courir d'une ambassade à une autre. D'un formulaire à une autre. D'une banque à une autre. L'Asie centrale se mérite. Certe. Mais je ne pensais pas qu'elle devait d'abord se mériter d'un point de vue administratif. J'ai donc couru. Payé des taxis filous - je suis tombé sur suffisamment de chauffeurs honnêtes pour savoir que j'ai toujours payé bien trop cher. J'ai attendu aussi. Tehran est une ville ingrate. Bruyante et polluée. Je ne suis pas beaucoup sortis. Du également aux protestations. Non. Depuis mes dernières nouvelles je suis sorti de la ville. Profitant des dix jours d'attente de mon visa Tajik pour prolonger mon visa iranien. Pour cela. Une ville. Ispahan. Je joins donc l'utile à l'agréable. Visite une ville historique et folle autant que calme et liquide ces petits détails de visa. Je profite d'une semaine dans les rues ombragées. Me promène entre les fantômes noirs. Les femmes iraniennes. Prends des photos des monuments. De nuit autant que de jour. Fais plusieurs rencontre d'autres voyageurs. Je m'amuse même avec le fisheye de Henning. Jeune hong-kongais voyageant dans cette autre Asie. Ispahan est un havre de paix comparé à Tehran. C'est aussi la première ville depuis Istanbul où je vois enfin des pistes cyclables. C'est dire comme la cité antique marque des points. |
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"Tu feras bien attention en Iran. C'est dangereux là-bas." Je me demande encore pourquoi j'ai reçu de telles recommandations. J'ai un peu cherché les méchants en Iran. Les fameux. Ceux qui font peur au monde entier. Impossible de mettre la main dessus. Non. Pas vu un seul. La seule chose que j'ai à déplorer jusqu'à maintenant est une attaque au pastèque. J'ai reçu un morceau de fruit dégoulinant de flotte à la tête alors que je roulais. Un chauffeur poids lourd a voulu me faire une blague, et, perdu dans mes pensées, je n'ai vu arriver le pavé rouge. Non. Pas de méchants dans le pays. Bien au contraire. Les militaires me paient des jus de melon, les policiers m'offrent de l'eau glaciale plutôt que de contrôler mon passeport et je me suis fait à ne plus chercher un hôtel par mes propres moyens et faire confiance aux iraniens. Dès qu'on me voit, on va soi me remercier d'être venu, soi me proposer une aide.
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On travaille ici sur les oiseaux migrateurs. Les filets sont posés un peu partout. Le but est de capturer, déterminer, baguer et relacher. Le tout en espérant vivement que l'un d'eux retombe dans le gigantesque réseau des stations de recherche de par le monde. Les recaptures sont parfois rares, mais au combien gratifiantes. Imaginez le plaisir de savoir que le Tarier que vous avez sorti des filets en Turquie ou en Roumanie passe ses hivers dans la partie sahélienne de l'Est africain. La pauvre et alarmante condition physique de certains de ses oiseaux est également là pour me rappeller que la méthode reste quelque peu brutale. Que leur voyage est l'un des rares qui mérite un réel respect. Pensez donc. Avec mon vélo et mes dollars. Je peux m'arrêter où et quand je veux. Pas besoin de chercher des heures durant un site favorable pour passer la nuit - ou la semaine - et refaire mes réserves de graisse. De courir après les zones humides fondant à vue d'oeil dans nos campagnes. De chercher de gras et délicieux insectes sur le béton des quais de Trabzon. De péniblement gagner un gramme de graisse en une journée de chasse intensive. Eviter les mauvaises rencontres. Epervier, Faucons, Busards ou renards. Non. Je me sens un véritable touriste en admirant ces migrateurs. 
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